Je pose mes mains aux frontières du visible,
Là où la Terre écoute et où le silence sait,
Je laisse venir l’image, indomptable, indicible,
Comme un souffle ancien que mon âme reconnaît.
Le feu murmure en moi ses mémoires profondes,
L’eau délie les songes enfouis sous ma peau,
L’air ouvre les portes entre les deux mondes,
Et la Terre recueille la couleur des mots.

Des femmes se lèvent au milieu de mes toiles,
Gardiennes de lune aux chevelures de vent,
Leur regard porte en lui la mémoire des étoiles,
Et le sacré palpite en leur cœur vivant.
L’Égypte me confie ses soleils et ses mystères,
Le Nord fait résonner ses arbres et ses dieux,
Et j’écoute la voix des peuples de la Terre,
Cherchant avec respect ce qui relie les cieux.

Parfois c’est un pinceau, parfois une lumière,
Un écran devient ciel, une couleur devient voix,
Je trace un œil, une lune, une plume, une prière,
Sans savoir au début où le chemin me conduira.
Et lorsque vient l’Oracle entre mes mains ouvertes,
Chaque carte devient une porte à traverser,
Non pour dire demain ni promettre une réponse certaine,
Mais pour entendre en soi ce qui demande à parler.

Toi qui t’arrêtes un instant devant mes images,
N’y cherche pas seulement ce que mes yeux ont vu,
Écoute ce qui frémit derrière leurs visages,
Ce murmure intérieur que tu croyais perdu.
Si une couleur apaise une ancienne blessure,
Si un symbole éveille un souvenir endormi,
Alors mon art devient passage et ouverture,
Un miroir où ton âme se rencontre à l’infini.

Wakand’art intuitiF